Le brief
Margaux Lemoine a été attachée de presse pour des marques alimentaires. Yanis Belkacem publiait des recettes en vidéo avant de passer de l’autre côté, comme agent. En 2019, ils ont fondé Écluse dans un bureau au bord du canal Saint-Martin. L’agence compte six personnes, représente vingt-quatre créateurs en cuisine, maison, voyage en France et parentalité, et monte des campagnes pour des marques de l’alimentation, de la maison et du tourisme.
Depuis la loi du 9 juin 2023, leur quotidien a changé, et Margaux l’a résumé ainsi : « Les services juridiques des marques nous envoient vingt questions avant de signer. Et les bons créateurs nous demandent comment on est payés. Je veux que les deux trouvent la réponse avant le premier appel. »
Ce qu’on a compris
Le site parle à deux publics qui n’attendent pas la même chose. La marque veut des campagnes sérieuses, des créateurs qui parlent à son public et l’assurance que rien ne lui retombera dessus. Le créateur choisit un agent : il veut savoir comment celui-ci est rémunéré, s’il le poussera vers des contrats qui l’arrangent, et si ses chiffres seront publiés sans son accord.
Entre les deux, la conformité est devenue un argument, à condition de la montrer plutôt que de la proclamer. Les mentions obligatoires, les produits que la loi exclut, le contrat écrit au-delà de 1 000 € hors taxes par an et par annonceur, la responsabilité solidaire : l’agence voulait une page datée, qu’elle puisse envoyer telle quelle aux juristes.
L’autre piège du secteur, ce sont les chiffres. Des audiences non datées deviennent fausses en quelques mois. Écluse ne publie que des chiffres fournis par les créateurs, datés, validés par eux.
Nos choix
Deux portes dès l’arrivée. Le héros centré porte deux boutons, « Je suis une marque » et « Je crée des contenus », et trois engagements en badges. Juste en dessous, trois tuiles envoient vers les marques, les créateurs et le cadre légal.
Des campagnes sans chiffres gonflés. Trois cas racontés par leur idée, leurs contraintes et leur mention, avec un résultat modeste : le nombre de contenus, la durée des droits cédés, la date du bilan. Rien sur des ventes que personne ne peut prouver.
Les créateurs, sans leur vitrine d’abonnés. Les fiches de créateurs affichent un thème, une ville, un format et la date de la dernière mise à jour. Les chiffres complets vivent dans la fiche que chaque créateur tient à jour lui-même.
Le cadre légal sur fond sombre. Une section tranche avec le reste de la page : mentions, produits refusés, contrat écrit, en phrases reprises de la loi, avec un résumé en quatre lignes. Le formulaire demande la catégorie du produit, pour écarter tôt les demandes impossibles.
Le style. L’habillage pro, avec ses sur-titres en pastilles et ses titres en dégradé, parle aux équipes marketing. Violet encre et corail sur fond crème, titres en Bricolage Grotesque, texte en Outfit, un motif de vagues pour le canal. Le pied de page affiche le nom de l’agence en très grand.
La réalisation
Le site compte quatre pages intérieures : le parcours marques avec le déroulé d’une campagne en six semaines, le parcours créateurs avec les engagements de l’agent, le cadre légal avec les documents pour les juristes, et le contact. Le refus des cookies est aussi simple que leur acceptation.
Chaque créateur représenté met à jour sa fiche depuis un accès personnel ; Yanis valide avant publication. Margaux relit la page Cadre légal à chaque évolution des textes et change sa date. L’agence reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





