Le brief
Bérénice Faure a ouvert la Galerie Mi-Côte en 2013, à mi-pente d’une montée du quartier Saint-Georges, dans le Vieux Lyon. Soixante mètres carrés sur deux niveaux, dont une cave voûtée, neuf artistes représentés, six expositions par an. Ancienne régisseuse d’expositions, elle tient la galerie seule.
Sa demande part d’une scène qu’elle voit chaque semaine : « La moitié de mes visiteurs sont de passage : ils montent à Fourvière à pied, entrent, regardent, et repartent. Certains m’écrivent un mois plus tard pour une œuvre dont ils ne connaissent ni le titre ni le prix. Je veux qu’ils la retrouvent, et qu’ils n’aient pas peur d’acheter à distance. »
Ce qu’on a compris
Un achat d’art se décide rarement sur le moment. On en parle chez soi, on mesure le mur, on y repense. Quand l’envie revient, le site doit montrer l’œuvre, son prix, son statut, et proposer de la réserver. Il sert aussi aux collectionneurs réguliers, qui suivent un artiste d’une exposition à l’autre.
Dans le commerce de l’art, les mots engagent. Le nom de l’artiste précédé de « par » garantit qu’il est l’auteur ; « attribué à » ne signifie pas la même chose. Bérénice voulait que chaque fiche en ligne emploie les termes exacts de la facture. Et les premiers acheteurs, nombreux parmi les visiteurs de passage, avaient besoin d’être rassurés sur le prix, le transport et le retour.
Nos choix
L’exposition en cours en tête. Le héros « product » montre une vue d’accrochage, deux vignettes et une carte : le titre de l’exposition, ses dates, la fourchette de prix, le nombre d’œuvres encore disponibles. Un site qui annonce une exposition terminée fait croire à une galerie fermée ; celui-ci suit le calendrier.
Des œuvres décrites comme sur la facture. Chaque fiche donne l’artiste précédé de « par », la technique, les dimensions, l’année, le prix et le statut. Les petits formats affichés dès 250 € donnent un ordre d’idée à ceux qui n’osent pas demander. Les œuvres vendues restent visibles, marquées comme telles : elles montrent que la galerie vend.
Réserver avant de décider. Quatre étapes expliquent l’achat après la visite : la réservation de cinq jours, l’échange, le paiement, le transport. La page « Acheter à distance » détaille la facture, la rétractation, les droits de reproduction et le droit de suite, puis les frais d’expédition.
Les artistes nommés. Une liste présente cinq des neuf artistes avec leur technique et leurs expositions à la galerie. Leurs œuvres sont reproduites avec leur accord, prévu dans le contrat qui les lie à Bérénice.
Un dessin de cimaise. Habillage boutique, logo centré, Marcellus pour les titres, un clin d’œil aux inscriptions romaines de Fourvière. Blanc cassé, noir et l’ocre rouge des façades du quartier. Les photos d’accrochage sont prises droites, sans effet.
La réalisation
Le site compte l’accueil, les expositions, les artistes, l’achat à distance et la visite. Bérénice publie chaque exposition, sa liste d’œuvres en PDF et son invitation le même jour. Elle change le statut d’une œuvre depuis son téléphone au moment de la vente. Les pages d’achat existent aussi en anglais, pour les visiteurs étrangers.
Les invités s’inscrivent volontairement aux vernissages et répondent en ligne. La galerie reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





