Le brief
Stéphane Réthoré a repris en 2014 l’atelier que son oncle avait ouvert en 1979 au bord de la Moine. Vingt-quatre salariés, un atelier inox de 1 600 m² séparé de l’atelier acier, un bureau d’études de deux personnes. Les laiteries, biscuiteries et conserveries des Mauges et de Vendée le connaissent. Au-delà, personne.
La visite s’est faite en visio, téléphone à la main, de la découpe laser jusqu’au quai. Sa demande tenait en une phrase : « Les acheteurs nous trouvent par le bouche-à-oreille, et les soudeurs ne nous trouvent pas du tout. Je veux un site qui dise jusqu’où on plie, ce qu’on soude, et qu’on embauche. » L’ancien site montrait une cuve de banque d’images et un formulaire nom, e-mail, message.
Ce qu’on a compris
Un acheteur qui consulte trois chaudronneries ne cherche pas une belle page d’accueil. Il vérifie des faits : la matière, l’épaisseur, la longueur de pliage, le levage, les qualifications de soudage, la date de validité du certificat. S’il ne les trouve pas, il envoie une liste de questions ou il passe au suivant.
Le deuxième lecteur compte autant. Un soudeur TIG qualifié choisit son atelier. Avant de répondre à une annonce, il regarde les procédés, les horaires, les machines. Stéphane avait deux postes ouverts depuis le printemps, et aucune page pour les montrer.
Enfin, ses clients refusent d’être cités. Il fallait des réalisations sans nom, qui prouvent quand même quelque chose.
Nos choix
Des limites écrites dès le titre. Le héros annonce « nos limites sont écrites » et renvoie vers le parc machines. Le collage montre trois gestes de l’atelier : la soudure, la cuve finie, le pliage. Juste dessous, une bande donne les quatre chiffres qu’un acheteur cherche d’abord, jusqu’à la taille de la porte.
Le parc machines en tableau. Chaque équipement a sa capacité utile, en texte, vérifiée avec le chef d’atelier et datée. Un tableau se lit, s’imprime et se comprend aussi par un moteur de recherche ou un assistant, ce qu’une photo de machine ne permet pas. La note de bas de tableau dit ce que l’atelier ne fait pas, et qu’un confrère peut s’en charger.
Des réalisations par contrainte. Secteur, département, matière, épaisseur, durée d’arrêt : un responsable travaux neufs s’y reconnaît sans qu’aucun client soit exposé. Les filtres suivent les savoir-faire.
Des certificats datés. Chaque document porte sa date de validité et quitte la liste à l’échéance. Le service qualité d’un client constitue son dossier sans relance.
Le recrutement en bandeau sombre, au milieu de l’accueil. Les postes, les horaires réels, la visite possible avant l’entretien. Les annonces sont rédigées sans âge ni sexe, et décrivent le travail tel qu’il est.
Le style. Oswald condensée pour les titres, Work Sans pour le texte, bleu pétrole et laiton, un motif croisé qui rappelle la tôle larmée des passerelles. Aucune photo de banque d’images : la shotlist ne demande que l’atelier, les pièces et l’équipe.
La réalisation
Le site compte une page par savoir-faire, le parc machines, les certifications, les réalisations, le recrutement et la consultation sur plan. Le formulaire demande la matière, la quantité et la date souhaitée, et accepte les plans, déposés sur un espace protégé dont la règle de conservation est écrite dans la FAQ.
Élodie met à jour les certificats et ajoute une réalisation en quelques minutes. Stéphane ouvre ou ferme une offre d’emploi lui-même. Au printemps, avant les arrêts d’été, on remonte les pages de tuyauterie et de montage sur site. Il reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





