Le brief
Sébastien Hamelin a programmé des lasers pendant douze ans chez un sous-traitant de Flers avant de créer Coupe Franche à Vire, en 2016, avec Nadia Lebaron. Neuf salariés, un laser fibre de 6 kW, une table jet d’eau, une presse plieuse de 3 mètres. Les industriels normands le connaissent. Les artisans de son propre canton, beaucoup moins.
Le premier échange s’est fait au téléphone, puis en visio devant la machine en coupe. Sébastien a posé les deux problèmes sans détour : « La moitié des fichiers qu’on reçoit ne sont pas découpables en l’état. Et les métalliers du coin ne savent même pas qu’on existe, à dix minutes de chez eux. » Son ancien site tenait sur une page : une photo d’étincelles, « découpe tous métaux » et un numéro de téléphone.
Ce qu’on a compris
Un client qui cherche un atelier de découpe veut savoir trois choses : si sa matière passe dans son épaisseur, quel fichier envoyer, et quand il aura ses pièces. « Tous métaux » ne répond à aucune des trois, et attire des demandes impossibles.
Les deux publics de Sébastien n’attendent pas la même chose. Le métallier du Bocage veut un délai et des horaires de retrait, parce qu’il vient chercher dix platines le lendemain. L’industriel veut des capacités écrites et un circuit de commande régulier. Les deux envoient des fichiers, et c’est là que tout se joue : un contour ouvert ou une échelle fausse, et le programmeur perd une demi-journée au téléphone.
Nos choix
Le devis dans le premier écran. Le héros porte un formulaire : procédé, matière et épaisseur, quantité, fichier, e-mail. Le titre, « Envoyez le plan, on vous dit s’il passe », reprend les mots de Sébastien. L’option « Je ne sais pas » dans le choix du procédé évite qu’un client hésitant renonce.
Le délai du moment en haut de chaque page. La barre d’infos affiche le délai de la semaine, mis à jour le lundi par Nadia, avec les horaires de retrait. Un artisan sait avant d’appeler s’il peut compter sur l’atelier cette semaine.
Les capacités en tableau. Huit matières, deux procédés, des épaisseurs chiffrées, et des « Non » écrits aussi clairement que le reste. La note explique pourquoi le PVC ne passe pas au laser. C’est la section que les bureaux d’études imprimeront.
Une page pour préparer son fichier. Contours fermés, échelle 1, calques nettoyés : la liste que Sébastien répète au téléphone depuis des années, avec un gabarit DXF à télécharger. Nadia envoie le lien à chaque nouveau client.
Des pièces, pas des machines. Les réalisations montrent des bords, des petits trous, des lettres d’enseigne en gros plan, avec la matière et le procédé en étiquettes. Trois avis d’artisans et d’un acheteur, sans étoiles, disent ce qui compte : le délai tenu, et un atelier qui rappelle avant de couper.
Le style brut. Bebas Neue en capitales, noir et jaune de signalisation, rayures diagonales sur les bandeaux. L’esthétique d’un atelier qui coupe, sans décor.
La réalisation
Le site compte une page par procédé, les matières et capacités, la préparation des fichiers, les réalisations, le retrait et la livraison, et le devis sur plan. Le dépôt accepte les fichiers DXF, DWG et STEP jusqu’à 50 Mo ; la règle de conservation est écrite dans la FAQ. L’espace client garde les fichiers commandés pour la série suivante.
Nadia met à jour le délai chaque lundi en une ligne. Sébastien ajoute une pièce finie depuis son téléphone. La fiche Google reprend les mêmes horaires de retrait que le site. Coupe Franche reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





