Le brief
Franck Moreau a ouvert La Remise en 2017, dans un ancien entrepôt de meubles de 1 800 m² à la sortie de Cholet. Ancien chauffeur-livreur, puis acheteur pour un soldeur nantais, il connaît les fabricants et les distributeurs de l’Ouest qui ont des fins de série à écouler. Sept personnes travaillent au magasin, dont Nadège, sa compagne, qui tient la caisse et la page Facebook.
Il a posé le problème en une phrase, sur le quai de chargement : « Mes habitués sont devant la porte le jeudi matin, mais seulement ceux qui ont vu la publication Facebook. Les autres m’appellent pour savoir si le canapé est encore là. Je veux un endroit où l’arrivage est annoncé la veille, et où on voit si c’est vendu. »
Ce qu’on a compris
Un magasin de déstockage vit au rythme de l’arrivage. Les lots arrivent, partent vite et ne reviennent pas. Le client fidèle veut savoir ce qui arrive avant les autres ; le nouveau veut savoir si les vingt kilomètres depuis les Mauges valent le trajet. Les deux ont besoin de la même chose : une liste datée, des photos vraies et un statut à jour.
Le prix est l’argument de La Remise, et c’est aussi ce qui se contrôle le plus. Un prix barré doit être le plus bas pratiqué sur les 30 derniers jours ; un prix conseillé ne peut être présenté que comme une comparaison. Le mot « soldes » est interdit hors des deux périodes légales, et « magasin d’usine » ne convient pas à un revendeur. Franck voulait vendre fort, sans exposer le magasin.
Nos choix
L’arrivage en haut, partout. Une barre d’annonce donne la date et le contenu du prochain arrivage sur toutes les pages. Le héros, en plein cadre et en très grandes capitales, dit « Jeudi, 9 heures » et porte une carte avec les quatre lots du jour. Juste en dessous, les fiches de l’arrivage, filtrables par rayon.
Un statut et un état sur chaque lot. Disponible avec la quantité, réservé, vendu : un article parti reste visible trois jours, ce qui montre que les affaires partent pour de bon. L’état suit juste après, dans un tableau qui explique chaque étiquette et rappelle que les garanties légales restent entières.
Des prix qui tiennent un contrôle. Le canapé en baisse de prix affiche son prix de référence et sa définition. Les lave-linge neufs affichent leur prix, et le prix conseillé du fabricant apparaît seulement comme comparaison. La FAQ explique pourquoi on ne parle jamais de soldes.
La réservation de 48 heures. Trois étapes, sans acompte, et une règle écrite : passé le délai, l’article revient en rayon. Nadège n’a plus à négocier au téléphone.
Le style du hangar. Habillage brut, Bebas Neue en très grand, jaune signalisation sur noir, fond béton et motif de grille. Les photos sont celles de l’entrepôt, défaut compris : la bosse du réfrigérateur a sa propre image.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, l’arrivage, les rayons, les étiquettes et les infos pratiques. Nadège publie l’arrivage le mercredi soir depuis son téléphone, dans l’entrepôt : photos, rayon, quantité, état. Les clients inscrits à l’alerte reçoivent un message pour leurs rayons seulement, avec leur accord. Pour les articles vendus en ligne, l’outil garde l’historique des prix et affiche seul le prix de référence à chaque baisse.
Une page dédiée aux professionnels permet de proposer un stock avec photos et inventaire. On regarde ensuite avec Franck ce qui fait venir du monde le jeudi, et les recherches locales sur lesquelles les pages de rayons remontent. Il reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





