Quand votre prestataire web a disparu, commencez par vérifier à qui appartient votre nom de domaine. Récupérez ensuite les accès (WordPress, hébergement, domaine), puis faites une sauvegarde complète avant de toucher à quoi que ce soit. L’état des lieux technique et les règles pour éviter que cela se reproduise viennent après. C’est un motif d’appel fréquent : l’agence a fermé, le freelance ne répond plus, le beau-frère qui « s’occupait du site » est passé à autre chose. Le site tourne encore, pour l’instant, mais personne n’a la main. Voici la marche à suivre, dans l’ordre qui protège le mieux votre activité.
Étape 1 : savoir ce que vous possédez vraiment
Trois éléments distincts, souvent confondus, peuvent se trouver à trois endroits différents :
- Le nom de domaine, c’est-à-dire votre adresse. Un outil whois public indique son titulaire (pour un .fr, celui de l’Afnic). S’il est au nom du prestataire disparu, c’est l’urgence numéro un : faute de renouvellement, l’adresse finit par redevenir libre, et n’importe qui peut alors l’enregistrer.
- L’hébergement, le serveur où vit le site. Retrouvez la facture : elle dit qui paie, donc qui peut réclamer l’accès.
- Le site lui-même : les fichiers, la base de données et l’administration WordPress.
Fouillez vos e-mails des dernières années : factures de renouvellement, avis d’expiration du domaine, identifiants envoyés au lancement du projet. On y retrouve presque toujours plus qu’on ne le croyait.
Étape 2 : reprendre les accès, du plus simple au plus lourd
L’administration WordPress. Si vous avez un compte, vérifiez son rôle : il faut « administrateur », pas « éditeur ». Si vous n’en avez pas mais que l’adresse de récupération est la vôtre, la procédure « mot de passe oublié » suffit.
L’hébergement. Si le contrat est à votre nom, le support de l’hébergeur vous rend l’accès sur justificatif. S’il est au nom du prestataire, l’hébergeur ne peut pas vous confier le compte d’un tiers. En revanche, dès que vous avez l’administration WordPress, le site peut être migré vers votre propre hébergement.

Le domaine. Si vous en êtes titulaire, le transfert vers le bureau d’enregistrement de votre choix est simple. Sinon, des procédures de récupération existent quand la mauvaise foi est établie (pour les .fr, la procédure Syreli de l’Afnic), mais elles prennent du temps. D’où l’importance de l’étape 1.
Aucun prestataire ne devrait être le seul à détenir les clés.
Un projet de site en tête ? Parlons-en simplement.
Étape 3 : sauvegarder avant de toucher à quoi que ce soit
Dès que vous avez un accès, quel qu’il soit, faites une copie complète : fichiers et base de données. Un site orphelin depuis des mois est souvent fragile, avec des extensions périmées et une version de PHP en fin de vie. La première manipulation maladroite peut le faire tomber, et sans sauvegarde, il n’y a plus rien à restaurer.
Étape 4 : l’état des lieux technique
Un site laissé sans suivi accumule les risques en silence : failles connues dans les extensions, comptes administrateur oubliés, parfois une porte dérobée laissée par un piratage passé inaperçu. Avant de reprendre une vie normale, il faut un audit : versions, extensions abandonnées, intégrité des fichiers, comptes utilisateurs, sauvegardes.
C’est le travail que je fais lors d’une reprise de site : un état des lieux écrit, ce qui se récupère, ce qui doit être remplacé, et le chiffrage de la remise à niveau.

Étape 5 : ne plus dépendre d’un seul prestataire web
Trois règles à garder :
- Le domaine à votre nom. Toujours. Un prestataire sérieux l’exigera pour vous.
- Vos propres accès administrateur, rangés dans un gestionnaire de mots de passe, même si vous ne vous en servez jamais.
- Un prestataire qui documente : où le site est hébergé, où partent les sauvegardes, quels contrats se renouvellent et quand.
C’est ainsi que je conçois la maintenance. Vous restez propriétaire de tout, je m’occupe du reste, et si nous arrêtons de travailler ensemble, vous repartez avec vos accès, vos sauvegardes et votre site. Aucun prestataire ne devrait être le seul à détenir les clés.
Vous êtes en plein dans cette situation ? Décrivez-moi où vous en êtes : le premier échange suffit en général à savoir ce qui se récupère. Réponse sous 48 h ouvrées. Si le site est en panne, appelez : c’est le plus rapide.





