Le brief
Loïc Rault est compagnon charpentier. Après son tour de France, il s’est installé à Château-Gontier en 2012, dans une ancienne grange devenue atelier. Ils sont quatre aujourd’hui, dont une apprentie. Il achète son bois à des scieries de la région et taille ses charpentes à l’ancienne, tenons et mortaises chevillés.
Il a formulé sa demande avec une pointe de mélancolie : « Mes plus belles charpentes, personne ne les voit : trois jours après le levage, le couvreur les a recouvertes. Je voudrais un endroit où elles restent visibles, et des clients qui viennent pour le bois, pas pour le prix d’un carport en kit. » Jusque-là, ses photos de levage dormaient dans son téléphone.
Ce qu’on a compris
Une charpente n’est visible qu’au moment du levage. Ensuite, elle disparaît sous l’écran, les liteaux, l’ardoise. Pour un particulier, c’est une ligne de devis, souvent comparée à un prix au mètre carré. Pour Loïc, c’est un travail de plusieurs semaines à l’atelier, et un choix de bois qu’il peut justifier arbre par arbre.
Trois publics lisent son site : des propriétaires de maisons anciennes inquiets pour leur charpente, des porteurs de projets d’extension, et des couvreurs ou maîtres d’œuvre qui cherchent un charpentier sûr. Tous ont besoin de voir le travail, puis de savoir quand il pourra commencer. Son planning est plein plusieurs mois à l’avance : autant le dire tout de suite.
Nos choix
Des mots d’abord, puis les levages. Le héros est éditorial, sans photo : une phrase, « Une charpente se voit trois jours. Ensuite, elle veille. », puis la présentation en quelques lignes, à la première personne. Juste en dessous, une bande de photos de levage traverse l’écran, comme la charpente qui se dresse avant d’être recouverte.
Le bois avant le prix. Un nuancier présente les cinq essences posées, leur usage et leur provenance ; la page « Le bois » raconte les scieries, le séchage, les chutes données ou réemployées. C’est le cœur de l’approche : une filière courte, expliquée sans slogan.
Un délai affiché. « Prochain démarrage : mars 2027 » figure dans les badges du héros, dans le formulaire et sur la page des levages. Les clients pressés passent leur chemin ; les autres écrivent en connaissance de cause.
Le dessin. Habillage maison, logo centré entre les deux moitiés du menu, filets fins, aucun arrondi. Young Serif pour les titres, dont les formes rondes rappellent un nœud de bois. Brou de noix et roux de douglas, des sections sombres pour les étapes du chantier. L’atelier et ses horaires ferment la page, juste avant le pied de page, parce qu’on peut venir le voir.
Le référencement. Une page par ouvrage, des réalisations situées et datées, des questions sur les autorisations d’urbanisme qui répondent d’abord en une phrase, puis détaillent.
La réalisation
Le site compte neuf pages, dont les levages, le bois et l’atelier. Le jour d’un levage, Loïc ajoute ses photos depuis le chantier : la commune, l’ouvrage, l’essence, et la réalisation prend sa place dans le bon filtre. Il met à jour lui-même la date du prochain démarrage.
Après la mise en ligne, on regarde avec lui la part des demandes qui arrivent avec des plans et une surface, celles qui viennent de couvreurs ou de maîtres d’œuvre, et les recherches locales sur lesquelles ses pages progressent.





