Le brief
Maud Lecoeur a reçu des propriétaires pendant douze ans, au guichet d’un espace d’information sur le logement de l’Orne. Elle y a vu des dossiers commencés trois fois, des devis signés sur le pas de la porte, des maisons isolées dans le mauvais ordre. En 2025, elle s’est installée seule à Flers, agréée Mon Accompagnateur Rénov’, pour suivre un projet de la visite à la fin du chantier. Elle se déplace dans huit communes du Bocage, de Tinchebray-Bocage à La Ferté-Macé.
Sa demande : « Les gens m’appellent en me demandant si je vais encore leur vendre une isolation. Je veux un site qui dise tout de suite que je ne fais pas de travaux, qui montre que je connais leur maison, et qui leur apprenne à se méfier, y compris de moi. »
Ce qu’on a compris
Le visiteur arrive méfiant, souvent après un appel « isolation aidée ». Avant de lire une méthode, il doit lire trois choses : elle ne réalise aucun ouvrage, elle ne touche rien des entreprises, et son agrément se vérifie dans l’annuaire officiel. Ce sont les conditions mêmes de l’agrément de l’Anah, et le site les écrit dès le premier écran.
La maison compte autant que le statut. Les clients de Maud vivent presque tous dans le même type de pavillon : parpaing et crépi, rez-de-chaussée surélevé sur un sous-sol semi-enterré, combles perdus, chaudière fioul. En leur montrant qu’elle connaît chaque recoin de cette maison, le site rassure mieux qu’un argumentaire.
Les aides demandaient de la retenue. Aucun montant n’est affiché : le reste à payer dépend des revenus et du logement, il est calculé pour chaque foyer sur le devis. Le site explique seulement quand l’accompagnement est obligatoire (une rénovation d’ampleur avec MaPrimeRénov’, pour un logement classé E, F ou G) et rappelle que les travaux ne commencent qu’après l’accusé de réception de l’Anah.
Nos choix
Une photo encastrée, un menu dans l’encoche. Le pavillon occupe le premier écran, dans un cadre aux angles arrondis. En haut à droite, l’image est découpée pour loger le menu, comme une étiquette posée sur la photo. Une vignette d’agenda dit ce que fait Maud cette semaine : deux visites, un sous-sol, une chaudière fioul.
Le pavillon en coupe. Huit repères numérotés sur un dessin du pavillon : combles, murs, fenêtres, plancher, sous-sol, chauffage, eau chaude, ventilation. Chaque fiche dit ce que Maud regarde, la question qu’elle posera et ce qui ne se décide qu’après l’audit.
Un seul fil. Sept nœuds, du premier appel au solde, en passant par le rendez-vous France Rénov’, l’audit, les devis comparés et l’accusé de réception. Sous chaque nœud, ce que fait le propriétaire et ce que fait l’accompagnatrice.
La méfiance prise au sérieux. Deux bobines opposent ce que Maud fait et le fil qu’elle a coupé : aucun ouvrage, aucune vente, aucune commission. Une porte d’entrée bleue porte quatre questions à poser à toute personne qui propose des travaux, avec les réponses de Maud. Dessous, la règle de la loi sur le démarchage, et une phrase : c’est vous qui m’appelez.
Le style. Chaleureux et local : titres en Aleo, un slab qui rappelle les enseignes peintes, texte en Signika. Crépi, rouge fil, bleu volet. Les photos montrent des gestes de visite : un sous-sol éclairé à la lampe frontale, des combles mesurés au mètre ruban, un raccord de fenêtre regardé avec l’artisan.
La réalisation
Le site tient sur une seule page, lisible sur téléphone : le menu passe dans une barre en haut, la coupe garde ses repères et ajoute une liste, le fil devient vertical, un bouton d’appel reste en bas de l’écran. Le formulaire de premier échange demande l’année de construction, le chauffage et les documents déjà en main, et précise que rien n’est transmis à une entreprise. Maud met à jour elle-même son agrément et son agenda, et reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





