Le brief
Anne et Pierre Hamelin ont repris en 2012 la compagnie que leur père avait fondée en 1978. Deux vedettes relient Granville aux îles Chausey au moins une fois par jour de mars à novembre, et Pierre commente un tour de l’archipel à marée haute. Leur site affichait un PDF d’horaires, et Google en montrait encore une version de la saison précédente.
La demande d’Anne est venue un lendemain de coup de vent : « Les jours de coup de vent, j’ai quarante personnes au guichet qui ont fait une heure de route pour rien, et notre PDF d’horaires de l’an dernier traîne encore sur Google. Je veux que les gens sachent avant de partir de chez eux si on part, et à quelle heure. »
Ce qu’on a compris
Sur le site d’une compagnie maritime, tout part de trois questions : le bateau part-il aujourd’hui, à quelle heure, et comment avoir un billet. À Chausey, la réponse change chaque jour, parce que les départs suivent la marée. Un PDF saisonnier ne peut pas suivre ; un site mis à jour depuis le quai le peut.
Il y avait aussi deux clientèles mêlées. Le vacancier qui veut passer la journée sur l’île et celui qui veut faire le tour des îlots n’achètent pas le même billet, et certains se trompaient. Les enseignants, eux, appelaient trois fois pour réunir les informations d’une sortie de classe.
Nos choix
L’état du jour en premier. Tout en haut de chaque page, un bandeau donne la décision du capitaine, le vent, l’état de la mer et l’heure de la mise à jour. Anne le change depuis son téléphone, et un SMS part aux détenteurs de billets du départ concerné.
Les horaires en texte. Un tableau des départs, à la manière d’un panneau de gare maritime, s’affiche jour par jour avec la pleine mer, le coefficient et les places restantes. Une courbe de marée explique pourquoi l’heure recule chaque jour, et la page des horaires montre la semaine entière en un tableau. Les prix sont affichés toutes taxes comprises, comme au guichet.
Une porte par usage. Trois billets, dessinés comme de vrais billets avec leur talon, séparent la journée sur l’île, le tour des îlots et le carnet des habitués. Les groupes ont leur formulaire, la journée à Chausey sa page, avec le plan de l’île et ce qu’il faut emporter. La barre de réservation rappelle avant le paiement que le billet s’échange jusqu’à la veille.
Les droits écrits simplement. Un bloc explique ce qui se passe quand le bateau ne part pas, en distinguant la traversée, qui relève du règlement européen sur les droits des passagers, et l’excursion sans escale, qui relève des conditions de la compagnie.
Le style. Une identité de port : capitales condensées pour les titres, comme sur les panneaux d’un quai, bleu marine, blanc d’écume et jaune de balise, un logo qui dessine le Roc de Granville au-dessus de deux lames. Les photos montrent la vedette qui sort du port sous la haute ville, la Grande-Île à marée basse, la passerelle, le pont et la timonerie.
Le référencement. Les recherches visées sont celles des vacanciers : bateau pour Chausey, horaires, tour des îles, sortie scolaire. Les horaires en texte, datés et balisés, sont ceux que Google et les assistants reprennent.
La réalisation
Le site compte trois pages. L’accueil réunit l’état du jour, les départs de la semaine, les billets, la marée, la journée à Chausey, la flotte, les droits des passagers, les groupes et les infos pratiques. La page des horaires et tarifs donne la semaine, les coefficients, les prix et les conditions. La page « Préparer sa journée » montre le plan de l’île, le sac à préparer et le vocabulaire de la marée. Le billet arrive sur le téléphone avec un code lu à l’embarquement. Anne publie la semaine suivante chaque vendredi et met à jour la fiche Google dans la foulée.
La compagnie reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





