Le brief
Un ferronnier d’art installé depuis quelques années dans l’ancien atelier d’un serrurier, sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon, travaille presque seul, avec un apprenti. Il dessine, forge, soude et pose lui-même. Ses plus belles pièces sont des rampes d’escalier, des verrières d’atelier, des grilles anciennes refaites à l’identique.
Pourtant, la plupart des appels portaient sur des portails en kit à poser un samedi. Son ancien site, une page de photos prises au téléphone sur fond de garage, ne disait rien de ce qu’il voulait faire. Il cherchait deux choses : attirer les projets dessinés, et faire comprendre pourquoi une pièce demande six semaines.
Ce qu’on a compris
La ferronnerie se juge sur pièce. Un client qui cherche un ferronnier a souvent une image en tête, le portail d’une maison voisine ou la rampe de ses grands-parents. Il veut savoir si l’artisan saura le faire. À ce stade, le texte compte peu et les photos presque tout, à condition de montrer le métal de près.
Le délai, lui, s’explique par le travail. Quand on voit une volute reforgée à chaud, une pièce sur les tréteaux avant la finition, un carnet où chaque ouvrage est consigné, six semaines paraissent raisonnables. Le prix aussi.
Enfin, beaucoup de clients hésitent sur les finitions et l’entretien : acier brut, galvanisation, thermolaquage, inox. Un nuancier commenté répond une fois pour toutes à la question qui revient à chaque rendez-vous.
Nos choix
Un site sombre, comme la forge. L’habillage brut passe sur fond anthracite, avec un seul accent orange, la couleur du métal chauffé. Les titres en Bebas Neue, hauts et serrés, rappellent les lettres frappées au poinçon. Le héros plein cadre montre des étincelles sur l’enclume, et l’en-tête minimal laisse toute la place à l’image.
Un index plutôt qu’une galerie. Les pièces sont numérotées, comme dans le carnet de l’atelier, et présentées en liste : numéro, ouvrage, commune, matière, délai. Cette idée vient du ferronnier lui-même, qui frappe un numéro sous chaque traverse. Elle dit « pièce unique » sans avoir à l’écrire.
La première personne. Tout le site parle au « je ». Un seul interlocuteur, du dessin à la pose : c’est l’argument principal, et c’est aussi l’explication des délais. Un bandeau téléphone, plus bas, reprend le ton d’un artisan qui décroche « entre deux chaudes ».
L’ordre des blocs. Index des pièces, matières et finitions, présentation de l’atelier, étapes de fabrication, détails en gros plan, puis quelques chiffres modestes. La FAQ traite l’entretien, les délais, la motorisation, les autorisations et les garanties, avant le formulaire qui demande les cotes et une image d’inspiration.
Le référencement. Des pages sur les recherches qui comptent pour lui : ferronnier d’art à Lyon, verrière d’atelier, restauration de grille en fer forgé. Chaque pièce nomme sa commune ou son arrondissement, de la Croix-Rousse aux Monts d’Or.
La réalisation
Le site compte cinq pages, dont une consacrée à la restauration et une autre aux cotes à prendre avant d’écrire. Le ferronnier ajoute chaque nouvelle pièce depuis son téléphone, avec son numéro, sa matière et sa commune, et met à jour la carte « à l’atelier en ce moment ».
On suit la part des demandes qui portent sur des pièces dessinées plutôt que sur des portails standard, et les recherches qui amènent les visiteurs. Si les demandes de restauration augmentent, la page correspondante remontera dans le menu.





