Le brief
Mordu est un food truck nantais lancé en 2021 par Théo, ancien second de cuisine, et Inès, qui gère tout ce qui ne se passe pas devant la plancha. Le camion tourne sur cinq ou six emplacements par semaine, midi et soir, et consacre ses samedis aux privatisations.
Tout passait par Instagram. Le planning vivait dans des stories qui disparaissent au bout de vingt-quatre heures ; les demandes de mariage arrivaient en message privé avec une date et un point d’interrogation. Théo l’a résumé ainsi : « Je veux un site qui réponde à ma place pendant que je fais les frites. »
Ce qu’on a compris
Le client du midi se pose une seule question, vers 11 h 30 : où est le camion aujourd’hui, et jusqu’à quelle heure. Juste après viennent la file d’attente, l’option végétarienne et le paiement en titres-restaurant. Il consulte le site debout, sur un téléphone, parfois en marchant.
L’organisateur d’un événement a d’autres soucis : le prix par convive, le nombre de burgers servis à l’heure, la place à prévoir pour le camion, le besoin d’électricité. Tant que ces réponses manquent, chaque demande coûte trois allers-retours à Inès.
Et puis il y a le ton. Mordu tutoie ses clients sur Instagram depuis le premier jour ; un site au vouvoiement aurait sonné faux.
Nos choix
Le planning d’abord. Juste sous le héros, la semaine en colonnes : jour, créneau, commune, emplacement. Le planning est publié en texte, lisible par Google et par les assistants IA, et Inès le modifie en une minute depuis son téléphone, annulation de tempête comprise. Le héros lui-même porte une carte « Ce midi » avec l’emplacement du jour.
Une carte sur ardoise. Cinq burgers, les frites, les boissons, sur un fond d’ardoise qui rappelle celle du camion. L’origine du bœuf et du poulet est écrite, comme la liste de ce qui est fait sur place : frites, sauces, cookies. Le tableau des allergènes a sa page, avec une réponse honnête sur le sans gluten.
La commande à l’avance, en trois étapes. Tu choisis, tu paies, tu passes par le côté. Le module limite le nombre de commandes par quart d’heure pour que le camion tienne le rythme.
Des privatisations chiffrées. Trois formules avec un prix par convive, puis les contraintes techniques en chiffres : sept mètres de camion, une prise 16 A, quatre-vingts burgers à l’heure. Le formulaire demande la date, la commune et le nombre de convives, pour qu’Inès réponde avec un prix.
Le style Studio, en rouge et moutarde. Unbounded, large et grasse, donne au nom du camion la présence d’une enseigne. Le rouge ketchup et le jaune moutarde se lisent en plein soleil. L’en-tête minimal laisse toute la place au héros, avec un menu en plein écran sur téléphone.
La réalisation
Le site compte quatre pages : l’accueil, la carte avec la commande, la privatisation et l’équipe. Inès publie le planning le lundi matin, ferme un créneau complet ou annonce une annulation sans ouvrir d’ordinateur. Les commandes arrivent sur une tablette à bord, triées par heure de retrait.
Avant chaque printemps, on revoit ensemble la page privatisation, les dates déjà prises et les photos de la saison passée.





