Le brief
Inès Marchand a été gouvernante générale d’un hôtel du centre de Nantes pendant douze ans. En 2022, elle a transformé l’ancien atelier de tapissier de son oncle, dans le Bas-Chantenay, en trois suites avec spa privatif et entrée indépendante. Les réservations passaient par une plateforme spécialisée, et quelques habitués lui écrivaient directement.
Sa demande était précise, comme elle : « Mes clients ne m’appellent pas. Ils réservent à onze heures du soir, ou ils ne réservent pas. Tout doit être écrit, et rien ne doit gêner : ni les photos, ni le relevé de banque, ni l’e-mail qui s’affiche sur un écran verrouillé. »
Ce qu’on a compris
Un couple qui cherche une love room compare deux ou trois adresses le soir, sur un téléphone, pour une date proche. Il n’appellera pas pour demander si le spa est privatif ou à quelle heure il peut arriver. S’il ne trouve pas la réponse écrite, il ferme la page.
La discrétion, ici, ne se résume pas à une photo sage. Elle se joue dans des détails que peu de sites règlent : le libellé sur le relevé bancaire, l’objet de l’e-mail de confirmation, le nombre de champs du formulaire, le code d’accès qui s’éteint après le séjour. Inès connaissait ces détails par son métier ; il fallait les rendre visibles avant la réservation, parce que c’est à ce moment-là qu’ils rassurent.
Nos choix
Un héros sans photo. Le premier écran est typographique : le nom de la maison, une phrase, deux boutons. Un visiteur arrivé par hasard, ou un téléphone posé sur une table, ne montre rien de gênant. Les suites viennent ensuite, décrites par leur surface, leur spa et leur lumière. La liste des photos à produire exclut les corps : de la matière, du linge, une douche, une porte d’entrée le soir.
La discrétion en quatre lignes. Juste sous le héros, une bande dit ce que les autres sites taisent : l’arrivée sans croiser personne, le libellé bancaire exact, l’objet de l’e-mail, les trois champs demandés. C’est la section qu’Inès voulait voir en premier.
Les prix avant tout. Chaque option affiche son prix dans une carte à colonnes, comme dans un hôtel. Le module de réservation propose la nuit, la soirée ou la journée, avec l’heure de ménage bloquée entre deux séjours, et montre à côté ce que comprendra le prix total. Le règlement, l’âge minimum et l’absence de délai de rétractation se lisent avant le paiement.
Le style. Habillage luxe sur un fond aubergine presque noir, Playfair Display pour les titres, Manrope pour le texte, velours bordeaux et laiton. Un en-tête minimal, un pied de page réduit à quelques lignes. La phrase d’Inès sur son ancien métier sert de signature.
Le référencement. Les recherches visées sont celles des couples nantais : love room, spa privatif, nuit en amoureux, bon cadeau. Les données structurées décrivent un hébergement, avec ses horaires d’arrivée et ses équipements.
La réalisation
Le site présente les suites, les options, la réservation, les bons cadeaux, l’accès et le règlement. Le code d’accès part seul le jour de l’arrivée. Inès ajoute une option, ferme une suite pour entretien ou change un prix depuis son téléphone. Elle répond aux avis sans jamais citer un client ni le détail d’un séjour.
Le formulaire de contact tient en trois champs, et les données collectées se limitent à la réservation. Inès reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





