Le brief
La Mutuelle des Cordiers angevins est née en 1921 d’une caisse de secours ouverte par les ouvriers d’une corderie du quartier Saint-Serge. Elle compte aujourd’hui quatorze salariés et deux agences, à la Doutre et à Trélazé. Véronique Letort la dirige depuis 2019 ; Benoît Chauvat, professeur de mathématiques à la retraite, préside le conseil d’administration.
Lors de notre premier échange en visio, Véronique a posé le problème sans détour : « Nos adhérents nous appellent pour savoir combien ils seront remboursés pour des lunettes, et les nouveaux retraités nous comparent sur le prix seul. » Son ancien site publiait les garanties en PDF et réduisait la vie mutualiste à un paragraphe de valeurs.
Ce qu’on a compris
Face à un tableau de garanties, presque personne ne sait lire « 300 % de la base de remboursement ». Les gens veulent savoir ce qu’il leur restera à payer chez l’opticien. Un comparateur leur donne un prix mensuel, et ils choisissent sur ce seul chiffre. Pour sortir de ce jeu, la mutuelle devait montrer ses remboursements en euros, avec leur date et leur base de calcul.
L’autre différence, la gouvernance par les adhérents, existait bien mais restait invisible. Or le code de la mutualité interdit toute affirmation trompeuse sur la nature de la mutuelle : pas de slogan, donc, mais des faits. Enfin, les obligations réglementaires ne devaient pas être cachées : mention du livre II sur les pages d’offre, réclamations et médiation lisibles sans connexion, fonction de résiliation accessible depuis toutes les pages.
Nos choix
Le devis dans le premier écran, sans question de santé. Quatre champs : situation, année de naissance, personnes à couvrir, code postal. Le titre pose la vraie question du visiteur, « Combien vous restera-t-il à payer ? ».
Des exemples plutôt que des pourcentages. Les trois formules sont présentées en onglets, avec leur tarif pour une personne de 66 ans. Juste en dessous, un tableau donne cinq soins courants, leur prix, le remboursement total et le reste à charge. Une note précise le barème, sa date et la situation retenue.
La différence mutualiste avec des dates. Un bloc de quatre chiffres modestes, l’année de fondation, une voix par adhérent, 36 délégués, aucun actionnaire, puis l’agenda des ateliers, des réunions de section et du vote des cotisations. L’histoire des cordiers tient dans une frise, sur la page Vie mutualiste.
La résiliation à sa place. Elle figure dans la barre d’infos de chaque page, dans les raccourcis de l’accueil et dans un formulaire qui se termine par une confirmation et un accusé de réception. La page réclamations donne les délais de réponse et le médiateur.
Un habillage pensé pour les lecteurs âgés. L’habillage clinique, aux formes arrondies, Lora pour les titres et Atkinson Hyperlegible pour le texte, une police conçue pour les personnes malvoyantes. Bleu ardoise, en souvenir des carrières de Trélazé, et un ton chanvre pour les boutons.
La réalisation
Le site compte neuf pages, dont une par agence, la vie mutualiste, les entreprises, les réclamations et la résiliation. L’espace adhérent reste celui du logiciel de gestion, relié par un lien visible partout. Les équipes mettent à jour les exemples de remboursement et l’agenda elles-mêmes, et chaque tableau affiche la date de son barème.
Après la mise en ligne, on suit avec Véronique les pages les plus lues et les questions qui arrivent encore au téléphone, pour enrichir les exemples. La mutuelle reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





