Le brief
Franck Macé a passé dix-huit ans dans la maintenance incendie pour un groupe national avant de créer Estran Incendie à Saint-Nazaire, en 2016. Quatre techniciens, une formatrice et une personne au planning suivent des commerces, des restaurants, des campings, des ateliers de la zone portuaire et des exploitations agricoles.
Sa demande est venue avec une anecdote, celle d’une fleuriste de Pornichet qui avait signé pour six extincteurs dont elle n’avait pas besoin : « Mes clients se sont presque tous fait avoir une fois par un vendeur qui passait avec un bon de commande et des menaces d’amende. Je veux un site qui explique la règle calmement, qui dit ce qui s’applique selon le local, et qui leur rappelle leurs droits s’ils ont signé à la porte. Et que les rendez-vous annuels se prennent tout seuls. »
Ce qu’on a compris
Le secteur a été abîmé par le démarchage. Beaucoup de gérants ne distinguent plus une entreprise sérieuse d’un vendeur de passage, et se méfient de tout discours sur les obligations. Paradoxalement, c’est la précision qui rassure : un texte cité, une règle générale, et la franchise de dire que le reste dépend du local.
La relation, elle, est annuelle. Une vérification bien faite amène la suivante, à condition qu’on pense à la rappeler et qu’on passe au bon moment : avant le service pour un restaurant, avant la saison pour un camping.
Nos choix
Préparer la visite dès le haut. Le héros « booking » demande le type d’établissement, la surface et la commune, avec trois onglets : vérification, formation, première installation. Le titre pose la ligne de l’entreprise, ce que la règle demande, ni plus ni moins. Les engagements suivent immédiatement : rendez-vous, devis écrit, rapport, aucune vente à la porte.
Les textes plutôt que la peur. Un tableau cite les obligations avec leurs références, code du travail et règlement de sécurité, puis renvoie à la visite pour le cas précis. Aucune menace d’amende, aucune image de flammes.
Les droits de ceux qui ont signé. Un bloc rappelle qu’une petite entreprise démarchée dans ses locaux peut bénéficier des protections du consommateur, dont quatorze jours pour se rétracter, sous conditions. Il propose un avis gratuit au téléphone. C’est l’argument le plus inattendu du site, et celui qui marque le plus la différence.
Chaque établissement a sa porte. Six raccourcis mènent aux contraintes de chaque activité, jusqu’aux exploitations agricoles que les concurrents ignorent. Les formations sont datées, avec leurs places, et les contrats affichent un prix de départ HT.
Un habillage d’atelier. Oswald pour les titres, Atkinson Hyperlegible pour le texte, bleu marine et rouge extincteur sur fond grège, un motif de vagues d’estuaire. L’en-tête de type portail donne le téléphone, les horaires et une recherche, comme un service qu’on consulte plus qu’une vitrine.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, les extincteurs et vérifications, les types d’établissement, les formations et la demande de visite. Nadège ouvre les sessions de formation et ferme celles qui sont complètes. Un rappel part un mois avant chaque échéance, avec un lien pour choisir son créneau.
Les rapports de passage sont consultables en ligne par chaque client. On relit chaque année le tableau des obligations avec Franck. Il reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





