Le brief
Mathilde Anquetil a tenu une librairie pendant quinze ans avant d’ouvrir Les Heures Claires en 2018, au rez-de-chaussée d’une maison à pans de bois du quartier Saint-Maclou, à Rouen. Vingt-huit couverts, une soixantaine de thés au poids, des gâteaux faits le matin avec Lucas Hébert, pâtissier. Le salon a ses habitués. Le dimanche, il déborde, mais mal.
Elle nous a résumé le problème autour d’un darjeeling : « Le dimanche, je refuse vingt personnes à midi et j’ai trois tables vides à 10 h 30. Et on m’appelle tous les matins pour savoir s’il reste du carrot cake. » Le salon n’avait qu’un compte Instagram, où la carte figurait en photo, illisible sur un téléphone.
Ce qu’on a compris
Un salon de thé se choisit pour un moment, souvent la veille, en regardant des photos. Ce qui décide, ce sont les gâteaux, la lumière, les tasses. La vitrine du jour devait donc être en ligne, mise à jour le matin, et disparaître le soir.
Le brunch posait un autre problème. Tout le monde voulait midi, personne ne savait qu’un service existait à 10 h. La réservation en ligne, service par service, avec le nombre de places restantes, pouvait étaler l’affluence sans refuser personne. Elle permettait aussi de connaître la veille les allergies et les chaises hautes.
Restaient le lundi, jour de fermeture, et le samedi matin avant l’ouverture. Mathilde recevait parfois des demandes de goûters privés, par hasard. Personne ne savait que c’était possible.
Nos choix
Un héros en collage. Trois photos : une théière qu’on verse, la salle, les boîtes à thé. Le titre, « Un thé, une part de gâteau, et l’heure qui passe », dit ce qu’on vient chercher. La note manuscrite rappelle que les gâteaux du jour sont en vitrine à 11 h.
La vitrine juste sous le héros. Quatre gâteaux, leur prix à la part, leurs allergènes et une étiquette quand il ne reste que quelques parts. Mathilde les publie depuis son téléphone en photographiant la vitrine.
Le brunch réservé service par service, juste après. Le module de réservation affiche les deux services, les dimanches du mois et les places restantes. Le service de 10 h apparaît disponible quand celui de midi est complet. Une case recueille les allergies et les chaises hautes. La carte des thés vient ensuite, en texte, avec l’origine, la température d’infusion, la mention de l’eau offerte et une phrase claire : pas de licence, donc pas d’alcool au brunch.
Les créneaux calmes mis en vente. Trois formules de privatisation, des prix par personne, les jours possibles écrits noir sur blanc. Un bon cadeau goûter ou brunch complète l’ensemble pour la fête des mères et pour Noël.
Le style d’une maison. Habillage doux, Fraunces pour les titres, prune et miel sur fond crème, un motif de pois discret. Le texte parle au « nous », comme Mathilde au comptoir.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, la carte, le brunch, la privatisation et le salon. Chaque matin, Mathilde ou Lucas publient la vitrine du jour en deux minutes, et la même photo part sur la fiche Google. La carte se modifie comme un texte, allergènes compris.
Les réservations du brunch arrivent avec le nombre de couverts et les régimes, et un e-mail de confirmation permet d’annuler jusqu’au samedi 18 h. Après la mise en ligne, on suit avec Mathilde le remplissage des deux services et les recherches qui amènent les nouveaux clients. Elle reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





