Le brief
Claire Rabouan et Nicolas Thuillier ont repris en 2014 les dix-huit hectares de la famille de Claire, à Montreuil-Bellay. Chenin et cabernet franc en AOC Saumur, un crémant de Loire, une cave creusée dans une ancienne carrière de tuffeau. Le domaine vend l’essentiel de ses bouteilles au caveau, surtout l’été, quand les vacanciers du Saumurois passent la porte.
Claire a résumé leur difficulté en deux phrases : « L’été, les gens arrivent au caveau pendant qu’on est dans les vignes. L’hiver, ceux qui sont venus ne savent pas comment recommander. Je veux qu’on réserve la visite avant de venir, et qu’on puisse acheter un carton depuis Nantes ou Paris. » Leur site précédent présentait le domaine sans horaires ni boutique.
Ce qu’on a compris
Un domaine viticole parle à deux publics qui se croisent. Les visiteurs cherchent un lieu, une visite, un horaire. Les acheteurs cherchent une cuvée, un millésime, une livraison simple. Les premiers deviennent souvent les seconds, à condition de retrouver le domaine en ligne l’hiver venu.
La loi Évin cadre la façon de parler du vin : des informations objectives (appellation, cépage, degré, élevage, accords), le message sanitaire, aucune publicité qui s’impose. Elle laisse en revanche une vraie liberté pour le terroir, le paysage et l’histoire, quand le vin bénéficie d’une appellation. Nous avons construit le site sur cette distinction.
Nos choix
Deux portes dès le premier écran. Le héros montre les vignes à l’automne, avec une barre de réservation posée sur la photo : formule, date, nombre de participants, langue. Le bouton « Acheter nos vins » ouvre la seconde porte. Juste en dessous, l’histoire du nom : une ancienne carrière de tuffeau devenue cave, à 12 °C toute l’année.
Des cuvées décrites sans emphase. Chaque fiche donne l’appellation, le cépage, le degré, l’élevage, deux mots de dégustation et un accord. Le message sanitaire figure sous le titre de la gamme et dans le pied de page. La majorité est confirmée au moment de la commande, pas en plein écran à l’arrivée : le visiteur qui veut lire l’histoire du domaine n’est pas arrêté.
Le terroir raconté librement. Un nuancier présente les trois sols du domaine, tuffeau, argilo-calcaire et sables, avec les cuvées qui en viennent. Plus bas, une frise retrace les cinq générations, de la carrière achetée en 1921 au premier millésime bio.
Le style d’une maison de pierre. Habillage séjour, logo centré, Cormorant Garamond pour les titres, lie-de-vin et or pâle sur fond couleur tuffeau, motif de courbes de niveau. Les photos montrent la vigne, la cave, le chai et les bouteilles, jamais un verre levé.
Les horaires qui changent avec la saison. Le caveau n’ouvre pas les mêmes jours en août et en janvier. Le tableau le dit, saison par saison, avec l’accessibilité de la cave écrite franchement.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, les vins, les visites, le domaine et le contact. Claire gère les créneaux de visite depuis son téléphone et ferme ceux des jours de vendange. Nicolas met à jour les fiches techniques à chaque mise en bouteille ; les cavistes les téléchargent au format PDF.
La boutique calcule les frais selon le nombre de bouteilles et propose le retrait au caveau. Après la mise en ligne, on suit avec eux les réservations, les commandes de l’hiver et les recherches qui amènent les visiteurs. Ils restent propriétaires de leur nom de domaine et de leurs accès.





