Le cahier des charges d’un site internet de TPE, de PME ou d’artisan tient en trois à cinq pages. Il présente l’entreprise, fixe deux ou trois objectifs, décrit les clients, liste les pages et les fonctions attendues, dit qui fournit les contenus, puis pose le cadre : propriété, budget, échéance, suivi après la mise en ligne. Le modèle ci-dessous suit cet ordre, et chaque rubrique est commentée : ce qu’il faut écrire, un exemple, et ce que le prestataire en fera.
Ce modèle concerne la création d’un premier site, ou d’un site repensé à partir de zéro. Si vous refondez un site qui a déjà des visites à protéger, lisez plutôt le cahier des charges de refonte. Pour une commune, les obligations propres au secteur public sont traitées dans le guide du site de mairie.
À quoi sert un cahier des charges de site internet ?
Il sert d’abord à obtenir des devis comparables. Sans lui, chaque prestataire imagine un projet différent : l’un chiffre cinq pages sur un thème habillé, l’autre quinze pages conçues pour vous, textes compris. Les écarts de prix ne veulent alors plus rien dire.
Il vous oblige aussi à clarifier vos attentes avant le démarrage du projet, ce qui n’est pas son moindre intérêt.
Il se rédige avec vos mots. Vous n’avez ni à choisir des technologies ni à dessiner des pages : vous décrivez votre activité et vos contraintes, le prestataire propose la manière d’y répondre.
Le modèle de cahier des charges, rubrique par rubrique
Les exemples suivent une entreprise imaginaire : une petite menuiserie des environs de Lamballe. Remplacez-les par votre propre situation.
1. Présentation de l’entreprise
Ce que vous écrivez. Votre activité en quelques lignes, votre commune, votre zone d’intervention ou de chalandise, la taille de l’entreprise, et ce qui vous distingue de vos concurrents directs.
Ce que le prestataire en fait. Il comprend votre métier, votre zone et votre argument principal. C’est la base de la page d’accueil, des textes et du référencement local.
2. Les objectifs du site
Ce que vous écrivez. Deux ou trois objectifs, classés par ordre d’importance. Formulez-les comme une action du visiteur : appeler, demander un devis, réserver, acheter, venir en boutique.
Ce que le prestataire en fait. Les objectifs décident de tout le reste : l’ordre des pages, la place des boutons, le ton des textes. « Avoir une présence sur Internet » n’est pas un objectif, car il ne permet de rien trancher.
3. Vos clients et leurs questions
Ce que vous écrivez. Qui sont vos clients, comment ils vous trouvent aujourd’hui, et les questions qu’ils vous posent le plus souvent au téléphone.
Ce que le prestataire en fait. Ces questions deviennent les titres de vos pages et votre FAQ. Ce sont aussi, presque mot pour mot, les recherches que vos futurs clients tapent dans Google.
4. Les pages envisagées
Ce que vous écrivez. La liste des pages que vous imaginez, sans vous soucier de l’ordre définitif. Le prestataire proposera l’arborescence.
Ce que le prestataire en fait. La liste donne l’ampleur du projet, donc une bonne part du prix. Pour un artisan, prévoir une page par prestation change beaucoup de choses, comme je l’explique dans les pages qui apportent des demandes de devis.
5. Les contenus : qui fournit quoi ?
Ce que vous écrivez. Pour chaque type de contenu, qui le produit : textes, photos, logo, vidéos éventuelles. Précisez ce qui existe déjà et dans quel état.
Ce que le prestataire en fait. Il chiffre la rédaction si vous la lui confiez, et bâtit un calendrier réaliste. Les contenus sont la première cause de retard d’un site.
6. Les fonctionnalités, classées
Ce que vous écrivez. Les fonctions attendues, réparties en trois colonnes : indispensable, souhaitable, plus tard.
| Indispensable | Souhaitable | Plus tard |
|---|---|---|
| Formulaire de devis avec envoi de photos | Réalisations filtrables par type de travaux | Version anglaise |
| Téléphone cliquable sur mobile | Lien vers nos avis Google | Prise de rendez-vous en ligne |
| Ajout des réalisations par nos soins | Carte de la zone d’intervention | Articles de conseil |
Ce que le prestataire en fait. Il propose une première version raisonnable, puis des évolutions chiffrées à part. Vous évitez de payer d’emblée des fonctions dont vous ne vous servirez pas.
7. L’identité visuelle et les sites de référence
Ce que vous écrivez. Votre logo et vos couleurs, s’ils existent. Deux ou trois sites que vous appréciez, en disant précisément ce qui vous plaît dans chacun. Un site que vous n’aimez pas, avec la raison.
Ce que le prestataire en fait. Il cerne vos goûts. « Moderne et épuré » ne lui apprend rien, car tout le monde le demande. Un exemple commenté vaut une page de description.
8. Le référencement et la visibilité locale
Ce que vous écrivez. Les communes ou le secteur où vous voulez être trouvé, les prestations à mettre en avant, et l’état de votre fiche Google Business Profile.
Ce que le prestataire en fait. Il construit les pages et les textes en conséquence. Le référencement se prépare dès la conception : ajouté après coup, il coûte plus cher et donne moins. Vous n’avez pas à citer de technique. Demandez simplement que le devis décrive ce qui est prévu pour le référencement local.
9. Propriété, technique et obligations
Ce que vous écrivez. Ce qui doit vous appartenir, ce que vous voulez pouvoir faire vous-même, et les contraintes que vous connaissez.
Ce que le prestataire en fait. Il intègre ces exigences au devis. La propriété est le point qui bloque le plus de projets, souvent des années plus tard, le jour où l’on veut changer de prestataire. Si vous hésitez sur la technique, je compare les deux options les plus courantes dans Wix ou WordPress. Les mentions légales sont obligatoires sur un site professionnel, et un prestataire sérieux vous aide à les compléter.
10. Après la mise en ligne
Ce que vous écrivez. Ce que vous attendez une fois le site livré : formation, mises à jour, sauvegardes, assistance, évolutions déjà envisagées.
Ce que le prestataire en fait. Il chiffre le suivi à part et en décrit le périmètre. Sans cette rubrique, vous découvrez le coût du suivi au premier souci.
11. Budget et calendrier
Ce que vous écrivez. Une fourchette de budget, l’échéance souhaitée et ce qui la motive.
Ce que le prestataire en fait. Il propose ce qu’il y a de mieux dans ce cadre, ou vous dit franchement que le projet n’y tient pas. Sans fourchette, il devine, et vous recevez des propositions impossibles à comparer.
12. La forme des réponses attendues
Ce que vous écrivez. Ce que vous voulez trouver dans chaque proposition.
Ce que le prestataire en fait. Il répond dans un format que vous pourrez comparer ligne à ligne avec les autres. Pour aller plus loin dans le choix, voyez les questions à poser à une agence web avant de signer.

Un projet de site en tête ? Parlons-en simplement.
La trame à recopier
Recopiez ces douze rubriques dans un document et répondez à chaque question en quelques lignes. Votre cahier des charges est prêt.
| Rubrique | La question à laquelle elle répond |
|---|---|
| 1. Présentation | Qui êtes-vous, où, et qu’est-ce qui vous distingue ? |
| 2. Objectifs | Que doit faire le visiteur sur le site ? |
| 3. Clients | Qui vient, et avec quelles questions ? |
| 4. Pages | Quelles pages imaginez-vous ? |
| 5. Contenus | Qui fournit les textes, les photos et le logo ? |
| 6. Fonctionnalités | Qu’est-ce qui est indispensable, souhaitable, pour plus tard ? |
| 7. Identité visuelle | Quels exemples vous parlent, et pourquoi ? |
| 8. Référencement | Où et sur quelles prestations voulez-vous être trouvé ? |
| 9. Propriété et obligations | Qu’est-ce qui doit être à votre nom ? |
| 10. Après la mise en ligne | Qui fait quoi une fois le site livré ? |
| 11. Budget et calendrier | Dans quel cadre, et pour quelle échéance ? |
| 12. Réponses attendues | Sous quelle forme voulez-vous les propositions ? |
Les erreurs fréquentes dans un cahier des charges de site
- Télécharger un modèle de trente pages conçu pour de grands projets, et le remplir à moitié. Les rubriques vides inquiètent le prestataire plus qu’elles ne l’aident.
- Lister des fonctions sans dire à quoi elles servent. « Un blog », d’accord, mais écrit par qui et à quel rythme ? Un blog abandonné depuis des années dessert l’entreprise.
- Imposer une technique sans raison. Si vous tenez à un outil, dites pourquoi. Sinon, laissez le prestataire proposer et justifier son choix.
- Oublier la rubrique des contenus. C’est elle qui fixe le vrai calendrier.

Faut-il faire rédiger son cahier des charges par un professionnel ?
Pour le site d’une TPE ou d’un artisan, rarement. Vous connaissez votre métier et vos clients mieux que quiconque, et c’est l’essentiel du document. Le prestataire que vous retiendrez complétera la partie technique lors des premiers échanges.
Une aide extérieure se justifie pour les projets plus lourds, comme une boutique au grand catalogue ou une connexion à un logiciel de gestion. Une phase de cadrage rémunérée, distincte de la réalisation, est alors un bon investissement.
Questions fréquentes
Quelle longueur pour le cahier des charges d’un site vitrine ?
Trois à cinq pages suffisent pour une TPE ou un artisan. Au-delà, vérifiez que chaque paragraphe apporte une information que le prestataire ne peut pas deviner.
Le cahier des charges engage-t-il le prestataire ?
Il sert de base au devis. C’est le devis signé, qui reprend et précise le cahier des charges, qui fixe les engagements. Vérifiez donc que les points importants pour vous, comme la propriété du nom de domaine, y figurent noir sur blanc.
Peut-on se passer de cahier des charges ?
Pour un très petit site, un échange structuré peut suffire, à condition que le prestataire vous pose les bonnes questions et vous remette ensuite un récapitulatif écrit. Ce récapitulatif joue alors le rôle du cahier des charges.
Vous préférez être guidé plutôt que partir d’une page blanche ? Le formulaire de projet reprend l’essentiel de ce modèle en quatre étapes, et je complète le reste avec vous lors du premier échange. Votre cahier des charges est déjà prêt ? Envoyez-le-moi par le même formulaire : je vous dirai ce qui manque et comment je le chiffrerais. Réponse sous 48 h ouvrées, devis gratuit et sans engagement.





