Le brief
Claire Mahéo et Vincent Tual ont ouvert leur atelier d’architecture à Nantes en 2013. Ils sont quatre aujourd’hui, et tiennent à le rester. Leurs projets se situent à moins d’une heure de Nantes : maisons neuves, extensions, longères à réhabiliter, quelques bâtiments pour des professionnels.
Leur téléphone sonne, mais pas pour les bons projets. Beaucoup d’appels viennent de particuliers qui veulent « juste des plans pour le permis », au plus bas prix. Les projets qu’ils aiment, une extension délicate ou un terrain en pente, arrivent par le bouche-à-oreille. Leur travail n’est visible que sur Instagram, où il se perd entre deux photos de chantier.
Ce qu’on a compris
Un particulier qui cherche un architecte veut d’abord voir un projet qui ressemble au sien. Il se pose ensuite trois questions : suis-je obligé d’en passer par un architecte, combien cela coûte-t-il, et combien de temps faut-il ? Tant que le site n’y répond pas, ces questions arrivent au téléphone, et les demandes de « plans pas chers » avec elles.
Un site d’architecte sert donc d’abord à trier. Les projets doivent parler en premier, avec des chiffres que personne ne donne : la surface, le budget des travaux, la durée du chantier.
Nos choix
Un projet en plein écran. Le héros montre une maison, avec son numéro, sa commune, son année et sa mission. Une carte discrète résume la fiche. Le visiteur comprend en une seconde ce que fait l’atelier.
Un index numéroté. Juste en dessous, les projets défilent en liste, du plus récent au plus ancien, filtrables par type : neuf, extension, réhabilitation, tertiaire. Cette présentation met les projets au premier plan, et elle se lit vite sur un téléphone.
Un manifeste court. Trois phrases en grand : le terrain d’abord, des maisons simples à construire, un coût annoncé avant de dessiner. Elles préparent le visiteur à la suite, où les missions sont détaillées phase par phase, avec ce que le client reçoit à chaque étape.
Des chiffres dans la fiche. Le projet vedette donne sa surface, son budget de travaux, la durée du chantier et la raison pour laquelle un architecte était obligatoire. Les honoraires sont expliqués sans pourcentage figé : l’esquisse au forfait, puis une proposition détaillée par phase.
Le seuil des 150 m² traité franchement. La FAQ et la page Missions y répondent dès la première phrase, avec des cas concrets : l’extension qui fait franchir le seuil, le garage, la véranda, le local professionnel. Ce sont ces réponses directes que Google et les assistants IA reprennent le plus volontiers.
Le design. Habillage suisse sur fond presque noir, texte ivoire, un seul accent bleu pâle. La Space Grotesk donne aux titres une précision de plan, la DM Sans garde les fiches lisibles. Les photos, sur ce fond sombre, prennent toute la place. Le pied de page affiche le nom de l’atelier en très grand, et les mentions de l’Ordre.
La réalisation
L’atelier dispose de cinq pages, d’un index de projets filtrable et d’un formulaire en trois étapes qui recueille la commune, le type de projet, les surfaces et le budget. Les architectes publient eux-mêmes leurs fiches projet, sur un modèle qui impose les trois chiffres clés.
Dans les mois qui suivent, on observe avec eux la nature des demandes : types de projet, communes, budgets annoncés. Si les demandes de plans seuls continuent d’arriver, on retravaille la page des missions.





