Le brief
Claire Lantier a passé douze ans dans les bureaux d’un cabinet d’architectes de Tours, d’abord comme assistante de gestion, puis comme responsable administrative. Elle a appris à se servir des outils d’IA sur ses propres devis et comptes rendus, en se trompant souvent. En 2024, elle a créé Usage courant pour former les petites équipes de la région, dans leurs locaux.
Sa demande était claire : « Les dirigeants que je rencontre ont déjà vu passer dix vendeurs de miracles. Je veux un site qui ne ressemble à aucun d’eux : pas de fond noir, pas de robot, pas de chiffre de gain. Qu’on voie ce qu’on fait vraiment en atelier, et ce qu’on ne colle jamais dans l’outil. »
Ce qu’on a compris
Un artisan ou un expert-comptable qui cherche une formation à l’IA se méfie, et il a raison. Il a lu des promesses de productivité doublée et vu des formations sans suite. Ce qu’il veut savoir tient en peu de mots : qu’est-ce qu’on fera avec mon équipe, sur quels documents, combien de temps cela prend, et est-ce que les dossiers de mes clients restent chez moi.
La confidentialité devait donc passer avant le reste. Le site reprend les recommandations de la CNIL : ne saisir que ce que l’on a le droit de partager, définir les usages autorisés et interdits, former avant d’utiliser. Le financement demandait la même prudence. L’OPCO est présenté comme une piste à vérifier, la certification Qualiopi comme la condition d’accès aux fonds mutualisés, et rien n’est promis avant l’accord écrit du financeur.
Nos choix
Le stylo bleu comme fil conducteur. Chaque texte « proposé par l’outil » apparaît corrigé à la main : un délai barré, une formule creuse surlignée, un nom de client qui n’aurait jamais dû être collé. Dès le premier écran, sous le titre et les trois photos de métiers, un vrai mail de relance de devis se lit avec ses corrections, puis bascule vers la version envoyée.
Trois usages par métier, pas cent idées. Un sélecteur propose quatre familles de clients : artisans, cabinets, commerces, ateliers de production. Chacune affiche trois fiches d’usage à grand sigle, avec les trois lignes qui comptent : ce que l’on donne à l’outil, ce que l’on relit toujours, ce qui ne sort pas du bureau.
Ce qu’on ne confie jamais. Une zone de saisie refuse les collages un par un : le RIB d’un client, l’arrêt de travail d’un salarié, le devis d’un concurrent. D’autres passent une fois anonymisés. Chaque verdict donne sa raison et sa parade, puis trois familles d’informations résument la règle.
Le temps, écrit noir sur blanc. Une règle d’écolier graduée de 8 h 30 à 12 h 30 détaille la matinée d’atelier : ce que fait Claire, ce que fait l’équipe, ce qui reste après. Les trois formats montrent l’agenda de l’équipe sur douze semaines, préparation et points en visio compris, avec des prix à titre indicatif. Un questionnaire en deux questions oriente vers l’OPCO ou le paiement direct.
Le style. Le registre est celui d’un bureau bien tenu : papier, encre, stylo bleu et surligneur, à l’opposé des sites sombres et des robots. Host Grotesk donne les grands titres centrés, Shantell Sans les annotations à la main. L’affiche des six règles maison est punaisée en biais. Les photos montrent des gestes de Touraine : un menuisier qui relit son devis, une fleuriste du Vieux-Tours, une équipe de plombiers en atelier.
La réalisation
Le site tient sur une seule page. Le menu renvoie aux sections : usages, données, déroulé de l’atelier, formats, financement, présentation de Claire. Les ateliers ouverts près de la gare de Tours affichent leurs places restantes, avec une liste d’attente quand une date est complète. La zone d’intervention nomme les communes d’Indre-et-Loire où Claire se déplace. Le pied de page reprend la déclaration d’activité avec la phrase imposée et la catégorie de la certification Qualiopi. Le formulaire demande le métier, la taille de l’équipe, les outils déjà utilisés et le financement envisagé. Claire reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





