Le brief
Solène Berthelot organise des mariages à Saumur depuis 2014, après dix ans passés à la régie de spectacles et de festivals. Elle en prend quatorze par an, pas plus, avec Lou, son assistante des jours J. Son constat, dès le premier rendez-vous : « Les couples croient que je vends de la déco. Ce que je vends, c’est un planning qui tient et quelqu’un qui décroche le téléphone à leur place. »
Ses clients arrivent par les salons du mariage et par Instagram, où ses publications montrent des tables dressées et des arches fleuries. Le travail qui rend ces images possibles, lui, n’apparaît nulle part.
Ce qu’on a compris
Une wedding planner vend du temps et du calme, deux choses qui ne se photographient pas. Tant que le site montre surtout du décor, les couples comparent Solène à une décoratrice, et ses honoraires leur paraissent élevés.
Trois questions reviennent à chaque premier échange. Que faites-vous exactement, et à quel moment ? Combien, et comment êtes-vous payée ? Nous vivons loin : est-ce possible ? La deuxième cache un soupçon que les couples formulent rarement : celui de la commission touchée chez les prestataires recommandés.
Le site est aussi lu à plusieurs. Le lien circule entre les futurs mariés, puis jusqu’aux parents qui participent au budget. Chaque bloc doit se comprendre seul, sans avoir lu le précédent.
Nos choix
Le rétroplanning au centre. Douze mois, sept étapes, et pour chacune ce qui est fait : c’est le contenu qui rend le travail visible. Il occupe le milieu de l’accueil, juste après les formules, et un exemple complet se télécharge sur la page des honoraires. Les couples qui organisent seuls s’en servent aussi, et c’est très bien ainsi.
Les honoraires, sans détour. Chaque formule affiche un prix de départ et ce qu’elle comprend. Une page entière explique d’où vient la rémunération : honoraires fixes, aucune commission, contrat signé directement avec chaque prestataire. On répond au soupçon avant qu’il s’installe.
Le design. Un habillage salon, avec ses arches et ses capitales espacées, et un en-tête centré qui répartit le menu de part et d’autre du nom. L’Instrument Serif pour les titres, élégante sans être précieuse, rappelle les programmes de théâtre d’où vient Solène. Ivoire, vieux rose soutenu et vert sauge. Le héros plein cadre porte une petite carte « Saison 2027 » qui annonce les dates encore libres, et le bandeau défilant égrène tout ce qu’elle coordonne.
Le ton. Le « je » d’une personne qui organise elle-même, des phrases courtes et un peu d’humour de régisseuse : le plan B pluie est écrit avant le plan A. Les avis retenus parlent d’organisation, avec des détails concrets : un point écrit le dimanche soir, une averse vécue au sec, un petit-déjeuner tranquille.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, les formules et honoraires, les mariages organisés, un guide des lieux autour de Saumur et le premier échange. Solène publie seule un nouveau mariage, avec le crédit de chaque photographe, et met à jour les dates libres de la saison depuis son téléphone. Le formulaire recueille la date, la région, le nombre d’invités et le budget, puis ouvre la réservation d’un échange en visio. Ses conditions générales rappellent le délai de rétractation des contrats signés à distance et le médiateur de la consommation.





