Le brief
Anne Toutain dirige l’entreprise de pompes funèbres fondée en 1962 à Lisieux par son grand-père, menuisier. Onze personnes, une agence et une chambre funéraire à Lisieux, une agence à Orbec. Sa demande tenait en quelques mots : « Les familles m’appellent à deux heures du matin sans savoir ce qu’elles doivent faire. Je voudrais qu’en ouvrant le site elles trouvent d’abord le numéro, ensuite les premières choses à faire, et nulle part le mot “offre”. »
S’y ajoutait une échéance. À partir du 1er octobre 2026, la notice d’information standardisée doit être publiée sur le site des opérateurs funéraires qui en ont un.
Ce qu’on a compris
Une famille qui consulte ce site vient souvent d’apprendre un décès. Elle lit sur un téléphone, parfois dans un couloir d’hôpital, avec une seule question : que dois-je faire maintenant ? Tout ce qui ne répond pas à cette question gêne.
Un deuxième public arrive par un autre chemin : les proches qui cherchent le lieu et l’heure d’une cérémonie. Pour eux, les avis de décès doivent se trouver en un geste, depuis n’importe quelle page.
Le cadre est aussi réglementaire. Les devis suivent un modèle depuis juillet 2025, la notice devient obligatoire en ligne, et toute sollicitation est exclue. Le site informe les familles qui viennent le consulter ; il ne va chercher personne.
Nos choix
L’en-tête et le héros. Une barre discrète en haut de chaque page, le numéro de permanence en premier. Le héros pose la question que se pose la famille, « Un décès vient de survenir ? », avec une photo de baie au petit jour et une carte qui porte le numéro. Juste en dessous, les premières heures en étapes, chacune avec son délai et la personne qui s’en occupe.
Le ton. Des phrases courtes et des mots exacts : le défunt, la déclaration, le certificat. Aucun superlatif, aucun euphémisme appuyé, aucune formule de vente. Les prix ne sont pas mis en avant, mais ils sont là, en documents à télécharger et en exemples chiffrés, pour être lus au calme, chez soi.
Le design. L’habillage « cabinet », avec ses filets fins et ses titres posés. La Lora pour les titres, un serif calme, et la Plus Jakarta Sans pour le texte, très lisible pour des lecteurs âgés ou fatigués. Gris ardoise, crème et vert sauge. Aucun diaporama, aucune fenêtre qui surgit. Sur mobile, une barre en bas d’écran garde deux gestes à portée de pouce : appeler, et consulter les avis.
Les avis de décès. Publiés avec l’accord de chaque famille, qui choisit ce qui apparaît et pour combien de temps. Les condoléances sont relues avant d’être transmises. Les avis restent discrets : un nom, un âge, une commune, l’heure de la cérémonie.
La réalisation
Le site compte cinq pages : l’accueil, « Que faire lors d’un décès », conçue pour être imprimée, les avis de décès, les tarifs et documents réglementaires, et la présentation de la maison avec ses deux agences. L’équipe publie un avis depuis un téléphone en quelques minutes, y compris la nuit, et modifie les horaires de la chambre funéraire les jours fériés. Le pied de page reprend sur chaque page le numéro d’habilitation préfectorale, comme les devis.
Le nom de domaine et les accès restent à l’entreprise. Une fois par an, on relit ensemble les textes réglementaires en ligne, pour que les documents publiés suivent les évolutions du modèle de devis et de la notice.





