Le brief
Le samedi à 10 h, chez Levain & Beurre, il ne reste plus une brioche tressée, et une partie des clients repart les mains vides. La boulangerie du centre de Saumur, ouverte en 1964, a été reprise en 2017 par Nicolas, boulanger, et Élise, pâtissière. Elle tourne bien, parfois trop bien.
Élise est allée droit au but : « Je voudrais qu’ils puissent réserver la veille, et qu’ils sachent à quelle heure sort chaque fournée. » Les commandes de gâteaux, notées au téléphone pendant l’affluence, produisaient aussi leur lot d’erreurs de prénom et de date.
Ce qu’on a compris
Une boulangerie répond d’abord à des questions d’horloge. Est-ce ouvert ce lundi ? À quelle heure sort la baguette du soir ? Les congés de février, c’est quand ? Tant que la réponse n’est écrite que sur la porte, elle ne sert qu’à ceux qui sont déjà devant.
La commande en ligne n’a d’intérêt pour le boulanger que si elle aide le fournil. Savoir à 20 h ce qui est déjà vendu permet d’ajuster la fournée de la nuit, et de moins jeter le soir.
Pour les gâteaux, enfin, l’enjeu est la précision : la date, le nombre de parts, le parfum, et le texte de la plaque, écrit par le client lui-même.
Nos choix
Un héros qui annonce les fournées. À côté de la photo des pains, une carte flottante liste les fournées du jour, avec le nombre de brioches déjà réservées. C’est l’information que les clients demandaient au comptoir, et la preuve que la commande de la veille fonctionne.
Les horaires au troisième écran. Juste après les produits à réserver, le tableau des horaires, la mention « fermé le lundi » dans le titre, et les prochains congés annoncés deux mois à l’avance. La photo de la vitrine remplace le plan : on reconnaît la boutique.
Trois heures à retenir. Avant 20 h, à 20 h, dès 6 h 30 : la commande de la veille tient en trois étapes, et la deuxième explique au client ce que sa commande change pour le fournil.
La transparence du fournil. Une section raconte les dix-huit heures de pousse du pain de campagne et dit ce qui n’arrive jamais surgelé. Les fournisseurs sont nommés avec leur commune. La mention « fait maison » n’est utilisée que pour ce qui l’est, comme le praliné.
Le style Terroir, en brun croûte et jaune beurre. Bricolage Grotesque pour les titres, une police au dessin un peu irrégulier qui évoque une enseigne peinte à la main. Les sur-titres manuscrits rappellent l’ardoise du comptoir. Le fond couleur farine et le brun de la croûte font le reste.
Un formulaire de gâteau sans ambiguïté. Délai minimum imposé, nombre de parts, parfum, texte de la plaque en toutes lettres, puis un récapitulatif à relire avant de valider.
La réalisation
Le site compte quatre pages : l’accueil, la commande pour le lendemain, les gâteaux sur commande et la boulangerie. La boutique en ligne repose sur WooCommerce. Élise ajoute un produit de saison, suspend un article épuisé ou déclare les congés depuis son téléphone ; le récapitulatif de production part seul vers le fournil à 20 h.
Après le lancement, on suit les commandes de la veille, les commandes de gâteaux et les produits les plus réservés. Avant Noël et Pâques, on prépare ensemble les produits de saison et les délais de commande à afficher.






