Le brief
Claire Anfray a traduit pendant dix ans la documentation technique d’un industriel normand avant de s’installer à son compte en 2011, dans un bureau du centre de Caen. Elle traduit de l’anglais et de l’allemand vers le français, et du français vers l’anglais avec une relecture native. Depuis 2015, elle est inscrite sur la liste des experts de la cour d’appel de Caen, ce qui lui permet de certifier ses traductions.
Sa demande mêlait agacement et bon sens : « La moitié de mes appels commencent par “vous êtes assermentée ?” et finissent par “je vous envoie tout par mail”. Je veux que les gens sachent ce que je traduis, à quel prix pour un acte, et qu’ils m’envoient leurs papiers autrement qu’en pièce jointe. »
Ce qu’on a compris
Un client qui cherche un traducteur a souvent un document à la main et une échéance : un dossier de préfecture, un mariage, une inscription universitaire. Il veut savoir trois choses. Traduisez-vous ma langue, dans le bon sens ? La traduction sera-t-elle acceptée ? Combien, et en combien de temps ?
La première question est plus subtile qu’elle n’en a l’air. Écrire « anglais, allemand » ne dit pas si Claire traduit vers le français, depuis le français, ou les deux. La deuxième touche au titre : un traducteur agréé est un expert inscrit sur la liste d’une cour d’appel, et la loi impose la formule exacte, « expert près la cour d’appel de Caen ». L’inscription, probatoire trois ans puis renouvelable cinq ans, doit être présentée avec sa date.
Restait la confidentialité. Un acte d’état civil envoyé par e-mail reste dans plusieurs boîtes, sans date de suppression. Claire voulait un espace d’envoi et une règle de conservation écrite.
Nos choix
Le dépôt dans le premier écran. Le héros porte un formulaire : langue du document, langue d’arrivée, usage, et trois délais à choisir. Le bouton dit ce qu’il fait : déposer un document. Les badges rappellent l’inscription, l’envoi chiffré et les prix affichés.
Les langues en tableau. Juste en dessous, un tableau croise le sens de traduction et le type de document. Il dit aussi ce que Claire ne fait pas : vers l’allemand, elle oriente vers une consœur. Un client sait en dix secondes s’il doit écrire.
Les prix des actes courants. Acte de naissance, casier judiciaire, permis, diplôme : un prix par document, pour un délai de cinq jours, avec le supplément pour 48 heures. Les documents longs restent chiffrés sur pièce.
La certification, expliquée. Une section reprend la définition du traducteur agréé, le titre exact, les durées d’inscription et la question de l’original. La page dédiée précise que l’usage du titre sans inscription est puni, et que la mention disparaîtrait du site si l’inscription n’était pas renouvelée.
La confidentialité comme argument. Une section et une page entière décrivent l’espace chiffré, qui a accès aux documents et la suppression à trois mois. La FAQ se termine par une question en anglais, pour les résidents britanniques de Normandie.
Le style. L’habillage cabinet, avec ses filets et ses pictogrammes cerclés, installe une sobriété de profession réglementée. Bleu encre, rouge cachet, fond papier, titres en Fraunces, texte en Atkinson Hyperlegible, choisi pour les lecteurs qui déchiffrent une démarche administrative dans une langue qui n’est pas la leur.
La réalisation
Le site compte quatre pages intérieures : la traduction certifiée, les spécialités, la confidentialité et le devis sur document, plus une version anglaise. Les fichiers déposés sont supprimés automatiquement à la date annoncée. Claire met à jour seule ses prix et la date de son inscription, et reste propriétaire de son nom de domaine et de ses accès.





